samedi 3 septembre 2011
Mimi, suite et fin
mercredi 17 août 2011
Mimi... (2)
— Comment ça va Mireille?
— Bien! Je me suis lavé la tête... Après 4 jours, ça fait du bien!
— Tu es belle comme un coeur, que je lui réponds.
— Bah! L'important, c'est d'être beau à l'intérieur. Pis moi madame, je peux vous le dire, ça fait une couple de jours que je vous vois aller, pis je peux vous dire que vous êtes belle en sapristi en dedans...
— Bien moi, je peux vous dire une chose aussi. Pour pouvoir voir quelque chose chez quelqu'un d'autre, il faut d'abord l'avoir en dedans de nous... Vous êtes pas mal belle en dedans Mireille!
Et la voilà qui se remet à avoir le pot!
— Mireille! Arrêtez de pleurer, vous allez me faire pleurer aussi! — que je lui dis avec un grand sourire.
Et la voilà qui, pour me faire sourire au lieu de pleurer, décide de me faire une petite danse coquette!
Et moi, ma journée est faite et il n'est que 7 h 40!
— Hahaha! Bonne journée Mireille!
Et je la quitte alors qu'elle danse encore...
Maintenant, après avoir échangé aujourd'hui avec des experts de la rue, j'ai un grand défi. Si je veux continuer cette relation, je dois m'assurer que les enjeux sont clairs avec elle. Nous devons profiter l'une de l'autre au maximum, mais il ne faut pas qu'elle devienne dépendante de notre relation, tant pour le 5 $ que pour la relation elle-même. C'est le danger qui guette les personnes en difficulté comme Mireille.
Tout un défi, tant pour moi que pour elle... parce que l'amour, c'est une drogue forte, très forte.
mercredi 10 août 2011
Avez-vous un peu de change s.v.p.? (suite)
C'était lundi. Je l'ai vu de loin cette fois. Un beau jeune homme noir débarquant de l'autobus lui a donné de l'argent et lui a dit quelque chose. Tout de suite, elle s'est mise à pleurer comme avec moi. Je me suis approchée d'elle...
— Pourquoi vous pleurez?
— Bien, je suis sensible et il m'a dit des choses gentilles.
— J'ai de la misère à le croire, mais vous êtes plus braillarde que moi — que je lui ai dit avec un sourire et en lui caressant la joue.
— C'est parce que je suis très sensible.
On le serait pour moins que je me suis dit.
— Comment ça va aujourd'hui?
— Mieux! Je me suis reposée en fin de semaine.
— C'est quoi votre nom?
— Mim.... Mireille.
Elle m'a presque dit Mimi, mais s'est gardé une petite gêne. Ça doit être réservé aux intimes...
— Mireille qui?
Voyant qu'elle hésite, je la rassure.
— C'est juste que c'est important pour moi de savoir votre nom. Vous êtes quelqu'un. Pas un numéro ou une sans nom.
Rassurée elle m'a donné son nom de famille.
Je lui ai versé mon billet de 5 $ dans sa tasse Tim Horton. Elle m'a regardé sans trop comprendre encore.
— Passez une belle journée Mireille!
— OK! Vous aussi là!
Je suis repartie, le coeur un peu plus rempli.
Mardi, aucune trace de Mireille. Je suis un peu inquiète, mais bon il ne faut pas tomber dans l'angoisse non plus. Ça n'a rien d'utile.
Ce matin, elle était là. J'étais contente de la voir. Elle m'a reconnue de loin et m'a accueilli avec un sourire.
— Comment ça va Mireille ce matin?
— Ça va bien. Et vous?
— Je suis contente de vous voir. C'est une belle journée avec de beaux nuages! Vous ne brûlerez pas sous le soleil au moins! Qu'est-ce qu'il y a de nouveau dans votre vie?
Elle commence à se dandiner de plaisir. Je me demande même si elle n'est pas un peu ivre...
Mais non, elle est simplement excitée.
— Bien là, j'ai travaillé sur un projet d'art! Et ça va bien. Je vais présenter ça au gouvernement!
Et je comprends que tout est là. Tout est dans l'espoir. Quand l'espoir est présent dans nos vies, même s'il se révèle faux en fin de compte, il aura tout de même agi en catalyseur d'énergie, de lueur de bonheur...
— C'est merveilleux Mireille! Je suis très contente. Lâchez pas ça. C'est une très bonne nouvelle.
Je lui glisse mon petit 5 $ dans sa tasse. Elle me regarde toujours avec son air ahuri.... Moi, je souris.
— Bonne journée Mireille!
— À vous aussi!
Et puis un bel homme passe près de nous. Il la salue, je crois qu'elle le reconnaît!
- Hello Sir!
Il la salue à son tour. Je reprends mon chemin, le coeur encore un peu plus rempli.
Zoreilles, c'est promis. Le p'tit 5 $ de lundi, je lui donne en ton nom et je lui fais la bise pour toi!
C'est fou ce que donner un p'tit 5 $ apporte dans une vie! En fait, ça n'a pas de prix!
mardi 1 février 2011
L’impuissance…
Rien... rien ne nous prépare à ce genre de nouvelle. On ne veut pas se préparer à ce genre de nouvelle de toute façon. Impuissance quand tu nous tiens...
Ma chum est une battante, toute sa vie elle a poussé dans le derrière de tout le monde pour qu’ils aillent au bout d’eux-mêmes. C’est elle qui m’a appris à arrêter de dire « J’ai peur » alors que je quittais à peine l’adolescence pour entrer dans le monde adulte. Elle m’a éveillé à ma puissance de vivre.
Quand j’ai lu le texte-message d’une amie commune sur mon BlackBerry me demandant de lui faire signe quand j’aurai une minute qu’elle voulait m’appeler, j’ai su tout de suite qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec MaLou. Mais jamais je n’aurais pu imaginer l’horreur de la conversation qui allait suivre. Impuissante, je réussis à peine à avoir des émotions. Un bruit sourd bloque la sortie.
L’opération s’est bien passée. J’ai reçu des nouvelles vers minuit hier soir. Maintenant, j’attends des nouvelles de son réveil. Impuissante devant l’attente. J’ose tout de même l’espoir. L’espoir que l’opération ne lui ait pas laissé de séquelles permanentes, insurmontables... L’espoir qu’elle ait le goût de se battre, d’écrire une autre page de sa vie qui n’aura pas été commune. Impuissance...
samedi 18 décembre 2010
Partage... et gros bon sens...
lundi 26 juillet 2010
Le temps le dira...
J'ai partagé ce matin un merveilleux moment avec une jeune femme remplie de bonté, d'intelligence et de bon sens. Vive Facebook et les médias sociaux!
Elle m'a raconté les derniers événements de sa jeune vie. Des moments pas nécessairement faciles. Mais c'est une battante, une belle âme comme on dit. Notre échange m'a rappelé cet extrait de L'empire des anges de Bernard Weber, un auteur que j'ai beaucoup apprécié, entre autres, pour Les thanatonautes. Cet extrait est un bel exemple de la réalité de la vie. Ce qui nous arrive dans la vie, on ne sait jamais si c'est bon ou si c'est mauvais sur le coup. C'est dans ces moments qu'il faut faire confiance et attendre de comprendre la vraie portée des événements qui surgissent sans qu'on les ait commandés! Voici la petite histoire qui m'a grandement inspirée un jour passé.
Merci à toi jeune femme qui m'inspire ce matin... Tu sauras te reconnaître, j'en suis certaine!
Un fermier reçoit un cadeau pour son fils un cheval blanc. Son voisin vient vers lui et lui dit « Vous avez beaucoup de chance. Ce n'est pas à moi que quelqu'un offrirait un aussi beau cheval blanc ! » Le fermier répond: « Je ne sais si c'est une bonne ou une mauvaise chose… le temps le dira»
Plus tard le fils du fermier monte le cheval et celui-ci rue et éjecte son cavalier. LE fils du fermier se brise la jambe. «Oh, quelle horreur ! dit le voisin. Vous aviez raison de dire que cela pouvait être une mauvaise chose. Assurément, celui qui vous a offert ce cheval l'a fait exprès pour vous nuire. Maintenant votre fils est estropié à vie ! » Le fermier ne semble pas gêné outre mesure. « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose... le temps le dira. », lance-t-il.
Là-dessus la guerre éclate et tous les jeunes sont mobilisés sauf celui du fermier avec sa jambe brisée. Le voisin revient alors et dit ” Votre fils sera le seul du village à ne pas partir à la guerre, assurément il a beaucoup de chance. ” Et le fermier de répéter ” Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Le temps le dira.»
Bernard Weber, L’empire des anges
dimanche 25 juillet 2010
Avoir faim d'intensité!
Life doesn't measure by the number of breaths we take, but by the moments that take our breath away. (Anonyme)
La vie n'est pas mesurée par les respirations que l'on prend, mais par les moments qui nous coupent le souffle.
L'épiphanie est survenue l'autre jour. Je regarde la télévision. Rien de particulier, car je ne me souviens même plus ce qui était à l’écran. Et, encore une fois, des larmes et un serrement de gorge viennent embrouiller ma vision. Merde! « Pourquoi est-ce que je me retrouve émue si souvent, si facilement? » Je cherche bien sûr à excuser mon hypersensibilité. Et la réponse est venue, très forte, même si je me parlais à moi-même.... « C'est parce que j'ai faim, j'ai faim de vivre! » Ça ne pouvait être plus clair.
D'aussi loin que je me souvienne — je vais quand même avoir 50 ans cet automne! — le besoin d'intensité m'habite. Il a été comblé à certaines périodes de ma vie. Les amours, les voyages, les rencontres, les enfants, les changements, etc. De grands moments, on en vit tous. Parfois, malheureusement, on passe à côté des grands moments de notre vie. L'anxiété, la résistance aux changements, toutes sortes de raisons nous volent ces instants précieux. Mais au-delà des grands moments, qu'est-ce qu'on fait pour ceux et celles qui ont un si grand appétit de vivre? Je n'irai certainement pas faire du Benji, pas ma tasse de thé, mais alors vraiment pas!
Ce que mon épiphanie m'a donné l'autre jour, c'est la possibilité de réfléchir sur mon besoin d'intensité insatisfait. De prendre quelques minutes pour regarder ma vie bien en face pour me rendre compte qu'elle est encore intensément bien remplie. Que le menu est passablement élaboré pour sustenter mon appétit vorace.
C’est une bonne idée de s'arrêter, ne serait-ce que quelques journées, pour mieux se relancer dans le goût de vivre. Que l'intensité, c'est bien plus une question de posture mentale que la résultante d'événements extérieurs. Qu'au fond, il n'y a qu'un moment qui compte si on veut avoir le souffle coupé. Le moment présent.