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samedi 3 septembre 2011

Mimi, suite et fin

C'est fait, j'ai parlé avec Mireille. En fait, c'est maintenant Mimi et Talou entre nous deux.

Je lui ai dit qu'elle est un grand soleil dans ma vie. Ses petits yeux m'ont dit que j'en étais un aussi. Je lui ai dit que je souhaitais que ça reste comme ça. Que j’aimerais qu'on s'accueille comme un cadeau quand on se voit, que je souhaite que ça reste simple.

— Il y a des semaines où je ne viendrai pas du tout, d'autres où ce sera 5 jours peut-être. Je ne sais pas à l'avance, ma vie est comme ça.

— Ouais, c'est ben correct ça. Pis en plus, tu peux pas me donner 5$ à chaque fois. La vie coûte cher pour toi aussi, ça pas de bons sens que tu fasses ça.

Elle me l'a dit avec l'index dans les airs. Elle était sérieuse la madame! Je lui ai rappelé que parfois c'était des amis à moi qui avançait le 5$ pour que je lui donne.

Alors nous sommes libres! Pas d'inquiétude, si je n'y suis pas une journée ou deux ou toute une semaine. De son côté, pas de dépendance ou d'attente.

C'est tellement un beau rayon de soleil dans nos vies lorsque celles-ci se croisent. Mimi m'a annoncé que le BS est maintenant rentré. C'est donc quelques matins par semaine qui seront passés à faire autre chose que de mendier. Ses projets artistiques en profiteront qu'elle me dit... Je vois la passion dans ses yeux. Je suis rassurée, ça va aller pour le moment. L'espoir est toujours présent...




mercredi 17 août 2011

Mimi... (2)

Aujourd'hui, elle trépignait quand elle m'a vu.

— Comment ça va Mireille?

— Bien! Je me suis lavé la tête... Après 4 jours, ça fait du bien!

— Tu es belle comme un coeur, que je lui réponds.

— Bah! L'important, c'est d'être beau à l'intérieur. Pis moi madame, je peux vous le dire, ça fait une couple de jours que je vous vois aller, pis je peux vous dire que vous êtes belle en sapristi en dedans...

— Bien moi, je peux vous dire une chose aussi. Pour pouvoir voir quelque chose chez quelqu'un d'autre, il faut d'abord l'avoir en dedans de nous... Vous êtes pas mal belle en dedans Mireille!

Et la voilà qui se remet à avoir le pot!

— Mireille! Arrêtez de pleurer, vous allez me faire pleurer aussi! — que je lui dis avec un grand sourire.

Et la voilà qui, pour me faire sourire au lieu de pleurer, décide de me faire une petite danse coquette!

Et moi, ma journée est faite et il n'est que 7 h 40!

— Hahaha! Bonne journée Mireille!

Et je la quitte alors qu'elle danse encore...

Maintenant, après avoir échangé aujourd'hui avec des experts de la rue, j'ai un grand défi. Si je veux continuer cette relation, je dois m'assurer que les enjeux sont clairs avec elle. Nous devons profiter l'une de l'autre au maximum, mais il ne faut pas qu'elle devienne dépendante de notre relation, tant pour le 5 $ que pour la relation elle-même. C'est le danger qui guette les personnes en difficulté comme Mireille.

Tout un défi, tant pour moi que pour elle... parce que l'amour, c'est une drogue forte, très forte.

mercredi 10 août 2011

Avez-vous un peu de change s.v.p.? (suite)

Je l'ai revue.

C'était lundi. Je l'ai vu de loin cette fois. Un beau jeune homme noir débarquant de l'autobus lui a donné de l'argent et lui a dit quelque chose. Tout de suite, elle s'est mise à pleurer comme avec moi. Je me suis approchée d'elle...

— Pourquoi vous pleurez?

— Bien, je suis sensible et il m'a dit des choses gentilles.

— J'ai de la misère à le croire, mais vous êtes plus braillarde que moi — que je lui ai dit avec un sourire et en lui caressant la joue.

— C'est parce que je suis très sensible.

On le serait pour moins que je me suis dit.

— Comment ça va aujourd'hui?

— Mieux! Je me suis reposée en fin de semaine.

— C'est quoi votre nom?

— Mim.... Mireille.

Elle m'a presque dit Mimi, mais s'est gardé une petite gêne. Ça doit être réservé aux intimes...

— Mireille qui?

Voyant qu'elle hésite, je la rassure.

— C'est juste que c'est important pour moi de savoir votre nom. Vous êtes quelqu'un. Pas un numéro ou une sans nom.

Rassurée elle m'a donné son nom de famille.

Je lui ai versé mon billet de 5 $ dans sa tasse Tim Horton. Elle m'a regardé sans trop comprendre encore.

— Passez une belle journée Mireille!

— OK! Vous aussi là!

Je suis repartie, le coeur un peu plus rempli.

Mardi, aucune trace de Mireille. Je suis un peu inquiète, mais bon il ne faut pas tomber dans l'angoisse non plus. Ça n'a rien d'utile.

Ce matin, elle était là. J'étais contente de la voir. Elle m'a reconnue de loin et m'a accueilli avec un sourire.

— Comment ça va Mireille ce matin?

— Ça va bien. Et vous?

— Je suis contente de vous voir. C'est une belle journée avec de beaux nuages! Vous ne brûlerez pas sous le soleil au moins! Qu'est-ce qu'il y a de nouveau dans votre vie?

Elle commence à se dandiner de plaisir. Je me demande même si elle n'est pas un peu ivre...

Mais non, elle est simplement excitée.

— Bien là, j'ai travaillé sur un projet d'art! Et ça va bien. Je vais présenter ça au gouvernement!

Et je comprends que tout est là. Tout est dans l'espoir. Quand l'espoir est présent dans nos vies, même s'il se révèle faux en fin de compte, il aura tout de même agi en catalyseur d'énergie, de lueur de bonheur...

— C'est merveilleux Mireille! Je suis très contente. Lâchez pas ça. C'est une très bonne nouvelle.

Je lui glisse mon petit 5 $ dans sa tasse. Elle me regarde toujours avec son air ahuri.... Moi, je souris.

— Bonne journée Mireille!

— À vous aussi!

Et puis un bel homme passe près de nous. Il la salue, je crois qu'elle le reconnaît!

- Hello Sir!

Il la salue à son tour. Je reprends mon chemin, le coeur encore un peu plus rempli.

Zoreilles, c'est promis. Le p'tit 5 $ de lundi, je lui donne en ton nom et je lui fais la bise pour toi!

C'est fou ce que donner un p'tit 5 $ apporte dans une vie! En fait, ça n'a pas de prix!




mardi 1 février 2011

L’impuissance…

C’est ce que je ressens depuis lundi. Un coup de téléphone m’apprenait que ma grande amie, MaLou - oui, c’est de notre amitié qu’est né TaLou — allait passer au bistouri. Pas joli du tout. Tumeur dévastatrice de grade 4 au cerveau. Trois mois à vivre si elle ne se laissait pas opérer. Le corps étranger se trouve dans le centre de la parole, de l’écrit, de la vue. Si tout se déroule bien à l’opération, il y aura réhabilitation, chimio, radio... Une histoire de merde en fait. Une histoire de fou. Une histoire qui me laisse impuissante.

Rien... rien ne nous prépare à ce genre de nouvelle. On ne veut pas se préparer à ce genre de nouvelle de toute façon. Impuissance quand tu nous tiens...

Ma chum est une battante, toute sa vie elle a poussé dans le derrière de tout le monde pour qu’ils aillent au bout d’eux-mêmes. C’est elle qui m’a appris à arrêter de dire « J’ai peur » alors que je quittais à peine l’adolescence pour entrer dans le monde adulte. Elle m’a éveillé à ma puissance de vivre.

Quand j’ai lu le texte-message d’une amie commune sur mon BlackBerry me demandant de lui faire signe quand j’aurai une minute qu’elle voulait m’appeler, j’ai su tout de suite qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec MaLou. Mais jamais je n’aurais pu imaginer l’horreur de la conversation qui allait suivre. Impuissante, je réussis à peine à avoir des émotions. Un bruit sourd bloque la sortie.

L’opération s’est bien passée. J’ai reçu des nouvelles vers minuit hier soir. Maintenant, j’attends des nouvelles de son réveil. Impuissante devant l’attente. J’ose tout de même l’espoir. L’espoir que l’opération ne lui ait pas laissé de séquelles permanentes, insurmontables... L’espoir qu’elle ait le goût de se battre, d’écrire une autre page de sa vie qui n’aura pas été commune. Impuissance...

samedi 18 décembre 2010

Partage... et gros bon sens...

Mon groupe d'amies - lire de bonnes femmes du coin solidement liées d'amitié grâce au partage de toutes ces années à élever notre marmaille - a décidé de changer notre tradition et de faire notre repas de Noël chez l'une d'entre nous cette année. Nous recherchions une atmosphère plus intime. Après avoir contribué aux dépenses liées au repas, chaque fille a remis 25$ et nous avons choisi une famille monoparentale (mère avec son petit garçon de 2 ans) de façon anonyme dans les deux sens pour remettre le fruit de ce que nous avons épargné...

La dame de l'organisme nous a fait plusieurs suggestions. Les cartes cadeaux sont très populaires, car pratiques. Elles donnent un peu d'autonomie aux familles quant au quoi et au quand. Des cartes de restaurant comme chez St-Hubert, de pharmacies, de magasins de grandes surfaces (épiceries, Winners, etc.). J'ai demandé à la dame du service de contacter notre petite maman d'adoption pour lui demander si elle voulait des cartes en particulier.

Quand l'organisme lui a demandé ce qu'elle voulait, elle a dit que son fils ne comprenait pas encore ce qu'était Noël et les cadeaux, mais qu'il ne comprenait pas non plus pourquoi maman ne lui donnait pas toujours à manger lorsqu'il avait faim...

Notre jeune maman a de la difficulté à se nourrir et nourrir son fils adéquatement ces derniers temps. Elle a donc demandé qu'on lui donne des cartes cadeaux ET, si possible, que cette carte soit de Super C, car c'était là que la nourriture coûtait le moins cher...

« Juste de la nourriture, ça va m'aider pour vrai et pour un petit bout de temps je n'aurai pas à m'en faire avec ça... »

Alors on lui remettra 275$ de cartes Super C mardi prochain.

Pas besoin de préciser que notre repas avait une saveur indescriptible hier... Une épice subtile, tout en douceur...

Partage... C'est de ça que le p'tit Jésus parlait non? Trop de gens écoutent maintenant Dieu-consommation et passent à côté d'une belle occasion de se donner le plus beau des cadeaux...

Je me fous du nom qu'on donne à son Dieu, moi je l'appelle la vie... Et les actions de la vie, ça devrait toujours être guidé avant tout par l'amour...


lundi 26 juillet 2010

Le temps le dira...

J'ai partagé ce matin un merveilleux moment avec une jeune femme remplie de bonté, d'intelligence et de bon sens. Vive Facebook et les médias sociaux!

Elle m'a raconté les derniers événements de sa jeune vie. Des moments pas nécessairement faciles. Mais c'est une battante, une belle âme comme on dit. Notre échange m'a rappelé cet extrait de L'empire des anges de Bernard Weber, un auteur que j'ai beaucoup apprécié, entre autres, pour Les thanatonautes. Cet extrait est un bel exemple de la réalité de la vie. Ce qui nous arrive dans la vie, on ne sait jamais si c'est bon ou si c'est mauvais sur le coup. C'est dans ces moments qu'il faut faire confiance et attendre de comprendre la vraie portée des événements qui surgissent sans qu'on les ait commandés! Voici la petite histoire qui m'a grandement inspirée un jour passé.

Merci à toi jeune femme qui m'inspire ce matin... Tu sauras te reconnaître, j'en suis certaine!

Un fermier reçoit un cadeau pour son fils un cheval blanc. Son voisin vient vers lui et lui dit « Vous avez beaucoup de chance. Ce n'est pas à moi que quelqu'un offrirait un aussi beau cheval blanc ! » Le fermier répond: « Je ne sais si c'est une bonne ou une mauvaise chose… le temps le dira»

Plus tard le fils du fermier monte le cheval et celui-ci rue et éjecte son cavalier. LE fils du fermier se brise la jambe. «Oh, quelle horreur ! dit le voisin. Vous aviez raison de dire que cela pouvait être une mauvaise chose. Assurément, celui qui vous a offert ce cheval l'a fait exprès pour vous nuire. Maintenant votre fils est estropié à vie ! » Le fermier ne semble pas gêné outre mesure. « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose... le temps le dira. », lance-t-il.

Là-dessus la guerre éclate et tous les jeunes sont mobilisés sauf celui du fermier avec sa jambe brisée. Le voisin revient alors et dit ” Votre fils sera le seul du village à ne pas partir à la guerre, assurément il a beaucoup de chance. ” Et le fermier de répéter ” Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Le temps le dira.»

Bernard Weber, L’empire des anges

dimanche 25 juillet 2010

Avoir faim d'intensité!

Life doesn't measure by the number of breaths we take, but by the moments that take our breath away. (Anonyme)

Traduction libre :

La vie n'est pas mesurée par les respirations que l'on prend, mais par les moments qui nous coupent le souffle.

Je suis comme ça. Il faut toujours que ce soit intense. Même les silences. J'ai besoin d'intensité dans ma vie, sinon... je mange. Pas l'intention de m'épancher sur les 45 livres que je voudrais bien faire fondre et qui me colle obstinément à la peau. Le sujet est tout autre, mais pour pouvoir parler librement de mon appétit de vivre, je dois au préalable faire ce constat. Ensuite, ce ne sera que métaphore.

L'épiphanie est survenue l'autre jour. Je regarde la télévision. Rien de particulier, car je ne me souviens même plus ce qui était à l’écran. Et, encore une fois, des larmes et un serrement de gorge viennent embrouiller ma vision. Merde! « Pourquoi est-ce que je me retrouve émue si souvent, si facilement? » Je cherche bien sûr à excuser mon hypersensibilité. Et la réponse est venue, très forte, même si je me parlais à moi-même.... « C'est parce que j'ai faim, j'ai faim de vivre! » Ça ne pouvait être plus clair.

D'aussi loin que je me souvienne — je vais quand même avoir 50 ans cet automne! — le besoin d'intensité m'habite. Il a été comblé à certaines périodes de ma vie. Les amours, les voyages, les rencontres, les enfants, les changements, etc. De grands moments, on en vit tous. Parfois, malheureusement, on passe à côté des grands moments de notre vie. L'anxiété, la résistance aux changements, toutes sortes de raisons nous volent ces instants précieux. Mais au-delà des grands moments, qu'est-ce qu'on fait pour ceux et celles qui ont un si grand appétit de vivre? Je n'irai certainement pas faire du Benji, pas ma tasse de thé, mais alors vraiment pas!

Ce que mon épiphanie m'a donné l'autre jour, c'est la possibilité de réfléchir sur mon besoin d'intensité insatisfait. De prendre quelques minutes pour regarder ma vie bien en face pour me rendre compte qu'elle est encore intensément bien remplie. Que le menu est passablement élaboré pour sustenter mon appétit vorace.

C’est une bonne idée de s'arrêter, ne serait-ce que quelques journées, pour mieux se relancer dans le goût de vivre. Que l'intensité, c'est bien plus une question de posture mentale que la résultante d'événements extérieurs. Qu'au fond, il n'y a qu'un moment qui compte si on veut avoir le souffle coupé. Le moment présent.

Je vous souhaite une superbe journée!

La mienne a très bien commencé!


samedi 10 juillet 2010

Écrire ma vie

Je me suis levée ce matin et j'ai décidé de m'écrire une nouvelle vie. Et c'est ici que ça commence. Ce n'est pas une blague! J'ai déjà un sourire qui ne veut pas s'effacer. Il attend, il sait ce qui s'en vient. C'est drôle parce que je ne le sais pas encore moi-même. On s'en fout un peu, beaucoup quand on sait qu'on va écrire sa vie, ça ne peut qu'être bon. Ça ne peut qu'être meilleur que la vie que nous subissons.

Quelle atrocité que de celle de subir sa vie. C'est une posture qui empêche le bonheur de naître, de vivre, de s'exprimer. Subir, c'est regarder passer. Subir, c'est nécessairement passer à côté. Subir ce n'est pas une vie. Si je réécris ma vie, c'est justement pour ne pas la subir.

L'écrire ce n'est pas non plus en faire une fiction. L'écrire c'est décider de la suite des choses. Les choses étant les événements sur lesquels nous n'avons que peu ou pas de contrôle.

Écrire ma vie pour me donner le choix. Assumer, posséder, embrasser. Écrire, c'est le choix entre subir et vivre.

C'est pour ça que je vous écris ce matin... J'ai besoin de bonheur et d'énergie, je m'en vais écrire des histoires ailleurs!

On reconnecte plus tard!

dimanche 13 juin 2010

Dimanche matin: Café-blogue

Belle façon d'aborder sa semaine! Je le savais que Bloguer pour bloguer, je le ferais pour moi avant tout...

Je repensais à mon titre de blogue hier (je pense pas mal tout le temps même si à la surface ça ne paraît pas toujours!!). Je me demandais ce que mon inspiration avait voulu me dire. J'ai compris que Bloguer pour bloguer était bien sûr une métaphore pour Parler pour parler, ça, c'était quand même assez simple. Mais au-delà, car il y a toujours un deuxième niveau de lecture (et quand on est vraiment, vraiment doué, il y en a même parfois un troisième), qu'est-ce que ça voulait dire?

Parler pour parler, c'est parler tout simplement. C'est parler sans langue de bois. C'est parler sans chercher à impressionner. C'est parler sans la menace de : tout ce que vous direz pourrait être retenu contre vous. C'est l'activité la plus simple, mais surtout la plus nourrissante pour l'être humain. C'est parler parfois avec son coeur, parfois avec sa tête, parfois avec ses tripes. Parfois, c'est aussi se parler à soi-même. Ce n'est en aucun cas parler pour ne rien dire, parce que, mine de rien, même dans ce temps-là, on essaie de dire quelque chose.

C'est ça que mon inspiration me disait au fond; vas-y, fait pas dans le fancy, fait juste partager.

On reconnecte plus tard!